14 juin 2007

La mi-juin

C'est presque la mi-juin. La chaleur est oppressante, tout à fait normal à cette période de l'année. Le soleil par contre n'est pas très souvent au rendez-vous. Pas facile, le mois de juin. Juin, ce seul mot qui fait figure d'euphémisme. Les examens ! Neuf de passés déjà dont deux royalement manqués, encore dix, encore deux demain, encore peu dormir. C'est difficile, mentalement d'abord, de supporter cet esprit de compétition que j'exècre. Intellectuellement ensuite, car cette masse de matière qu'il faut faire rentrer coûte que coûte, le plus vite possible mais de manière précise, afin de rester précis et de ne pas mélanger les matières me submerge... Et quel effort pour appliquer en permanence cette faculté d'entrer en interaction avec divers domaines pour appliquer « la méthodologie académique universitaire »... Et pour terminer, c'est physiquement que cela devient le plus insupportable. Je me bats pour ne pas craquer. Les nuits sont dorénavant et jusqu'à nouvel ordre écourtées : chaleur, transpiration, stress, insomnies, rhume des foins et allergies diverses... Les journées se divisent en trois temps : je bloque la matière restante in extremis, je subis mes examens, je gâche mon temps à ne rien faire, parce que ne rien faire devient subitement tellement intéressant dans cette conjoncture.
Nous sommes mi-juin, ou presque. Les clodos ressortent même la nuit. Les gens qui travaillent marchent un peu plus dehors pour prendre le soleil, eux aussi. Et c'est le choc, que d'images désolantes et marquantes : ces hommes et ces femmes affalés sur le sol, enfuis dans les bras d'Orphée qui les soigne mieux que nous. Ces hommes dont les chiens attirent parfois plus de dignité à nos yeux. Quel mode de vie, quelle honte pour nous, surtout, de laisser cela arriver !
La mi-juin, ou presque. C'est avec hâte et beaucoup d'espoir que j'attends la fin de ce mois qui, depuis mon entrée dans le système universitaire, a commencé cette année en mai. J'ai le sentiment que ma vie s'est arrêtée pour m'enfermer dans ma bulle de connaissances en passe d'être maîtrisées, pour seulement mieux reprendre à la fin de tout ceci.
La vision des choses est plus triste et plus noire. C'est faute d'être tout le contraire dans quatorze jours, encore ! Et attendre, encore et toujours, semaine après semaine, le moment où je serai délivré de ce mode de vie à la fois passionnant et déchirant. Enfin, je reverrai régulièrement la femme de ma vie qui vient de m'envoyer un message. Il est 22h52 et il dit, entre autres : « Dans quelques jours, cette années est finie et nous deux ça va toujours aussi bien! Quand je me souviens comme je stressais au début... Enfin fini tout ça, ou presque ! ». Cela résume bien tout. Les femmes ont un don pour exprimer les choses et le monde en toute clairvoyance et en toute simplicité.

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