16 novembre 2007

Un froid de canard

Il fait froid ce matin quand je quitte le chaleureux kot de ma copine pour me diriger d'un pas pressé vers la gare de Louvain-La-Neuve. Ce froid est piquant, mortifiant, douloureux. Pourtant c'est plein d'entrain que je marche, des rêves plein la tête.
L'époque est sombre et froide, l'action tourne au ralenti, la léthargie s'empare de nous à chaque début d'hiver. L'heure est plus souvent aux petits bilans superflus que l'on ne cesse de dresser tout au long de notre vie. Résultat ? Je vais bien. J'aime une fille formidable et splendide qui m'aime autant. Je poursuis des études qui m'intéressent et qui me donnent un sentiment de pouvoir, pouvoir dans le sens où je suis capable de réaliser des choses. J'ai des projets plein la tête et l'un d'entre eux est même en passe de se réaliser. Enfin j'agis, enfin je prends des initiatives et je lance une sorte de machine qui rassemble l'enthousiasme et les compétences des uns pour le service d'une cause que je crois possible et juste. Je revis. Finis ! l'engagement idéologique développé dans une tour d'ivoire depuis une adolescence bouillant dans une marmite cérébrale désarticulée et déconnectée de la réalité. Finis le découragement dans une ville où je me sentais seul et froid.
Aujourd'hui, c'est un projet à la fois éducatif et idéologique qui prend peu à peu consistance. C'est surtout aujourd'hui qu'enfin j'ai rencontré quelqu'un de très important à mes yeux, sans que jamais vraiment il ne le sache. Il est entré dans ma vie par la petite porte pour ne plus jamais cesser de m'influencer, légèrement sans doute mais véritablement. Il est venu de loin, d'un courrier électronique, d'une antenne radio, puis d'un bouquin, d'emails encore et d'un passé relativement commun à ce que je vis aujourd'hui. Un homme auquel je m'identifie un peu, sans vraiment le vouloir et sans vraiment le pouvoir. J'ai chaud au coeur, de rencontrer ainsi quelqu'un important à mes yeux et de me rendre compte qu'en plus de cette sorte d'aura de laquelle je l'entoure, il marque aussi des points par sa simplicité et sa bienveillance.
Midi est passé, il fait décidément moins froid tout à coup. J'imaginerai encore beaucoup de conversations comme celles-là avec un inconnu qui ne l'est pas, avec un modèle qui ne le sait pas, avec un mentor qui ne m'instruit pas, avec un homme comme un autre qui ne l'est pas.

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