14 août 2007

Une journée

Nous sommes mardi 14 août. Je suis seul à l'appartement avenue Van Volxem. Je suis ici pour étudier au calme et pour commencer ma nouvelle vie d'étudiant, loin de mes parents, loin du confort. Et pourtant, je n'ai pas autant travaillé que prévu, somme toute plus que chez moi mais bien moins que chez elle... étrange ce don qu'elle a de me réclamer et d'obtenir le meilleur de moi-même.
Il fait nuit maintenant, il est 22h00, il a fait chaud toute la journée et mauvais en début de soirée. Étrange ce temps....
J'ai passé ma matinée à courir après l'autre temps, celui qui fait tic tac incessamment : courses improvisées au Delhaize du coin – le Colruyt est momentanément trop long à rejoindre avec tous ces travaux, puis rendez-vous au Quick à l'autre bout de Bruxelles pour tenter de décrocher un job d'étudiant – en vain à mon avis, et enfin le retour à l'appart', un reste de soupe à enfiler avec deux tartines et puis zou ! Le nez dans mon vocabulaire. Ah, un sms, c'est Laurence qui vient faire visiter Bruxelles à une connaissance Croate. Elles démarrent de Louvain-La-Neuve. Je ne peux louper l'occasion, cela me fera réviser mon anglais et puis j'adore rencontrer des jeunes d'outre Belgique ! 11h45, elles sont déjà à la gare centrale. Après beaucoup de visites et de marche, il est déjà l'heure pour moi de les abandonner à leur joie, gare du Luxembourg, 14h50. Et oui, il faut bosser. C'était une chouette expérience, quelques heures bien au calme à papoter français/anglais/franglais avec une Croate décidément bien sympa et ma belle sœur que je commence seulement à connaître un peu mieux. De retour, je n'ai pas vraiment le moral, même si j'ai déjà connu pire. Voir Laurence m'a trop rappelé que tu n'étais pas près de moi mon amour. Décidément, à chaque fois que je fais visiter Bruxelles c'est sans toi ! L'idée me traverse un instant de proposer mes services pour guider... et pour récolter de l'argent. Je verrai, un jour peut-être !
Je n'ai pas beaucoup travaillé aujourd'hui, deux à trois heures en tout, ce sera ça de pris ! Je le sais maintenant, en plus d'être fainéant, je suis de surcroît très vite satisfait de moi-même, ou plutôt pour être honnête absolument pas assez strict envers moi. Et pourtant, lorsque je refermerai OpenOffice à la fin de ce billet, je m'y remettrai jusqu'à des heures impossible pour manger le plus de pages possible. Ça change de mes habitudes dis donc. Et d'ajouter que ce matin, je me suis levé tôt ! Je mange de moins en moins, juste ce qu'il faut parce qu'après tout j'exagère, et je fais même la vaisselle tous les jours ! J'envisage d'ailleurs de nettoyer l'appartement... une vraie fée du logis, qui veut m'épouser ? C'est ça le blocus : beaucoup de bonnes intentions à côté, juste pour oublier le principal : je suis à la bourre et j'ai pas que ça à foutre ! De toute façon, j'aurai terminé grammaire anglaise pour jeudi 17h00, c'est ma dead line et peu importe la façon, je m'y tiens presque toujours. Et puis un petit indice, je ne faillirai pas à ma parole car c'est la condition pour qu'elle vienne me rejoindre ce soir là. Et oui, le lendemain ce sera mon anniversaire – déjà ! et pour ne pas me morfondre seul ici, elle vient égailler ma journée ! Elle est géniale. Je devrai être présentable ! En plus, j'ai un rendez-vous ce jour là à 18h20 du côté de la Porte de Namur, un entretien d'embauche bien plus sérieux qu'au Quick cette fois-ci, et un travail bien mieux taillé pour moi : de la promotion pour une maison d'édition de B.D. J'ai hâte de voir ce que cela donnera, j'ai hâte que tu sois là.
Et puis en ce moment, il y a toi, toi dans ma tête, toi qui fais la fête, qui danses, qui rigoles, qui bois sous les feux de la rampe et sous les coups de grattes du DJ, toi qui t'amuses encore et encore sans moi là-bas dans notre belle région. Je ne t'en veux pas du tout, j'approuve même. Je regrette simplement de rarement pouvoir être avec toi dans ces moments que tu apprécies tant.
Bon, il est 22h13, autrement dit : il est grand temps pour moi de replonger dans mes syllabi !

10 août 2007

Dans la joie et la bonne humeur [ou pas]

Ça y est, c'est aujourd'hui que je pars. Où exactement, je ne le sais pas trop, le sait-on jamais ? En tout cas cela valait mieux ainsi. Il est parfois des moments où il ne sert plus à rien de faire semblant, de supporter ce qui est devenu insupportable. J'ai goûté à une autre vie, la mienne, et je ne pourrai plus m'en passer. Je ne sais pas où je vais, mais c'est avec joie que je fonce dans un mur si c'est pour éviter le bagne et si c'est pour changer de regrets.

Je ne renie personne, je m'écarte, je m'éloigne. Je ne rejette personne, je m'en vais parce que je n'ai plus la force de m'engueuler ou de rester stoïc. Je reviendrai, mais plus jamais comme avant, je passerai prendre des nouvelles, dire bonjour, donner des miennes à condition qu'on ne me reproche plus à longueur de temps mes actes et mes idées.

Ce n'est pas un adieu, ni un au revoir. À autre chose, merci pour tout.

9 août 2007

Au revoir papa, au revoir maman

Lorsqu'on quitte ses parents ce n'est, parait-il, jamais facile. C'est plus risqué pour certains que pour d'autres. Je me surprends à emballer mes affaires dans des caisses ou comme je peux. Je vais déménager pour la première fois de ma vie, à la fois soulagé et à contre cœur. Direction le kot, avant un passage chez mon amoureuse.
C'en est était trop.. Trop que l'on me dicte sans cesse ma vie, trop que l'on m'engueule pour tout et pour rien, presque pour le plaisir, trop que l'on m'interdise tout et rien. Non, trop marre, tout ceci c'est fini.
Je ne fuis pas mes problèmes, j'y mets un terme. J'ai trouvé la force dans ses yeux et dans sa voix. Je sais que je pourrai y puiser mon énergie longtemps encore, et que j'aurai le soutien de mes amis. La bouffe manquante, les fringues à acheter, les guindailles à payer, la désintoxication du net, le pain rassi, les adieux au vélo et à la campagne, les mois sans tunnes, la galère, tout ça en vaut la peine tant que je vis ma propre vie, comme je l'entends. Je me suis trop longtemps laissé dirigé par ma raison, ma culpabilité et la peur de tout plaquer. Aujourd'hui je m'en remets aux mains du hasard, de la chance, de l'avenir, du mérite et de tous les possibles. Aujourd'hui enfin je prends le mors aux dents et j'avance !

Comme dans la chanson de Jeronimo : « J'vais tout plaquer sauf toi ».

7 août 2007

Norton Ier, Empereur des Etats-Unis et Protecteur du Mexique

Cet article qui figure ci-dessous a été rédigé par un citoyen du complexe alpha sur parano.be. C'est selon moi un joli bout d'histoire qui méritait de figurer sur mon blog, parce que ce Norton représente un modèle de plus à mes yeux. C'est un anti-héros touchant, simple et rafraîchissant des cours d'histoire. Pour l'anecdote, sachez que Morris, le dessinateur de Lucky Luke, s'est inspiré de ce personnage pour "L'empereur Smith".


Proposé par Léopold-73213 le 05/08/2007 ,Validé par 68820 (edité)

Il y a des gens célèbres par leur naissance (les rois, les princes…).
D’autres entrent dans l’Histoire en étant des découvreurs, inventeurs, des scientifiques de génie…
Certains se démarquent par leur libie exemplaire, leur courage à un moment donné…
Il existe des personnes moins célèbres mais qui ont été des héros remarqués lors de conflits.

Et puis d’autres, qui n’on jamais rien fait. Si ce n’est d’avoir été excentriques ou farfelus.

Un beau matin de 1859, un homme en costume militaire arrive au bureau du « San Francisco Bulletin » . Reçu par le rédacteur en chef, il se présente : Norton Premier, Empereur des USA. Le trouvant drôle, le rédac-chef l’écoute délirer et décide de se moquer un peu du bonhomme en publiant son discours hallucinant.
Ce fut la première proclamation officielle de l’Empereur dont le règne durera plus de vingt ans.

Était-il vraiment fou ? Ou était-il simplement un clochard ayant trouvé une combine pour pouvoir vivre ?
Joshua Abraham Norton n’était pourtant pas un imbécile. Né en Angleterre dans la bourgeoisie, il vécut en Afrique du Sud et au Brésil avant de suivre une partie de la planète qui se précipitait à San Francisco en 1849 lors de la ruée vers l’or. Au lieu de se précipiter sur le terrain à chasser de l’or comme tout le monde, il eut une meilleure idée pour faire fortune : vendre aux chercheurs ce dont ils auraient besoin, en ouvrant un commerce. Et cela marchait si bien qu’en quelques années il était l’une des personnalités les plus riches du comté. Tellement riche qu’il tenta de détenir le monopole du riz en achetant tous les arrivages et, ainsi, fixer lui-même les prix de vente. Tout son argent partant dans ces achats de plus en plus onéreux, il ne put rien faire quand trop d’arrivage de riz arriva d’Amérique du sud. Il était ruiné.

Une semaine après la première publication des allégations de Norton Ier, le « Bulletin » publia un autre article. Dans celui-ci, Norton ordonnait la démission du Président et la dissolution du Congrès, il avait décidé de prendre les rênes du pouvoir en personne. Le Gouvernement restant « sourd » à son décret, il ordonna (un peu plus tard) à l’Armée, dont il était le chef supérieur, de marcher sur Washington avec une force suffisante pour faire évacuer le Congrès. En outre, il demanda à tous les états de l’Union d’envoyer un représentant au « Hall of Music » de San Francisco afin de rendre hommage à l’Empereur et recevoir ses nouvelles lois à faire appliquer. Il en profita pour dire qu’étant donné que les Mexicains étaient incapables de se prendre en charge, qu’il annexait le Mexique et en devenait le protecteur officiel.

Ces « décrets » amusèrent beaucoup les lecteurs du journal. Les gens prenaient beaucoup de plaisir à lire les annonces tonitruantes de Norton. En quelques semaines, il devint même une sorte de mascotte et le chouchou d’une partie de la population. On lui trouva un hangar où il installa sa « Cour » composée essentiellement de chiens errants, décorant les murs de portraits de Napoléon et de la reine Victoria. Quand il se promenait en flânant dans les rues, il inspectait les égoûts ou les horaires des transports publics. Les gens qu’il croisait le saluaient et il répondait par une élégante révérence. Il assistait aux offices religieux où on lui réservait une place. Au théâtre aussi, il avait sa place réservée et il arrivait souvent que le public se levât en silence pour l’accueillir. Certains restaurateurs lui donnaient à manger et l’invitait à leur meilleure table. Il ne payait jamais les transports en commun ou payait avec une monnaie qu’il imprimait lui-même!
Un jour il fut arrêté par un jeune policier, un peu trop zêlé, pour vagabondage. Indignation parmi ses fans! Le chef de la police en personne vint le libérer.
Quand la guerre de sécession éclata, il convoqua, par presse interposée, Lincoln (président des états unionistes) et Davis (président des états confédérés) afin de régler les problèmes en tant que médiateur Impérial. Aucun d’eux ne répondant à son invitation, il ordonna la fin des hostilités en attendant une décision « Impériale » qui trancherait définitivement le problème.

Norton mourut le 8 janvier 1880. Il faudra deux jours entiers aux dix mille personnes pour venir lui rendre un dernier hommage devant sa dépouille mortuaire. Preuve ultime, s’il en est, qu’il était aimé et apprécié.
Le « San Francisco Bulletin » publia dans sa nécrologie : « L’Empereur Norton ne tua personne, ne vola personne et n’expulsa personne de son pays. Plus que l’on peut en dire de la plupart des individus qui exercèrent sa charge »

En 1934, le cimetière où était enterré anonymement Norton fut l’objet d’une manigance foncière et immobilière, les habitants du quartier, parvinrent à faire céder le pouvoir en place et Norton fut déménagé dans un autre cimetière (celui de Woodlawn) où l’on plaça sur sa tombe une plaque de marbre portant sobrement ces quelques mots : « Norton Ier, Empereur des USA et Protecteur du Mexique 1819 – 1880 »

6 août 2007

"Je ne suis pas un gros con"

Il ne me faut plus qu'un fer à repasser et un vrai job à mi-temps... compter encore les jours qu'ils restent.
À la fois peur et très envie de prendre une nouvelle vie au vol, je me demande de quoi sera fait demain.

4 août 2007

Mute

J'aimerais parfois trouver ce bouton, inscrit partout en Anglais sur les télécommandes c'est tellement plus pratique, mute. Couper le son, n'entendre plus rien que ma respiration, mon cœur et mes organes. Je voudrais couper le son, n'entendre plus personne, pas même ma voix.
Je veux me sentir vivre et découvrir à quel point le silence est magnifique.

Courir jusqu'à trébucher

À force de fuir ses problèmes, on finit par commettre des écarts, on blesse et on se fait du mal. On court, toujours plus vite, toujours plus loin et puis on s'enlise dans son personnage, profondément sous sa carapace bien loin de la réalité. On devient littéralement prisonnier de ses soucis.
Quand enfin arrivent les gens qu'il faut pour vous en sortir, j'entends par là des gens qui vous aiment et vous respectent pour ce que vous êtes et ce que vous faites, des gens qui sont prêts à vous soutenir ou à vous ouvrir à autre chose, voilà que vos ennuis qui n'ont jamais cessé de vous guetter surviennent et vous rattrapent scéance tenante.
Je voudrais y mettre un terme une bonne fois pour toute, mais cette fois je l'avoue, je ne m'en sens ni la force ni le courage et encore moins la ressource.

Une fois de plus cette phrase résonne en moi :
"Détester qui je suis, aimer qui je veux être"
Je me sens parfois me faire dépasser injustement par la vie. À tous mes regrets et à mes actes manqués... j'arrache encore des pages de ma vie pour ne plus les tourner.